OBJECTION DE CONSCIENCE

Manuel du Luddite Moderne aux Baguettes Magiques

I

L'Écocide Virtuel

Le manifeste crie au meurtre énergétique. L'IAg tue la planète ! Oui. Sauf que le serveur qui héberge leur blog ? Celui qui enregistre leurs vidéos de séminaire ? Celui qui stocke leurs datasets ? Il pousse pas dans les jardins biologiques.

La morale s'adapte à la feuille de paie. Quand c'était innovation, c'était bien. Maintenant que ça peut les remplacer, c'est écocide.

II

Le Travail Ultraprolétarisé

Les cliqueurs dans les mines de data. C'est horrible, c'est vrai. Tellement horrible qu'ils devraient fermer les universités construites sur du travail précaire d'ATER et de doctorants non-payés.

Mais non : "Arrêtons l'IAg" c'est plus sexy que "Bordel, notre système universitaire c'est un appareillage d'exploitation". L'un critique le futur. L'autre critique le système qui vous paie. Pas la même urgence.

III

Les Oligarques Mégalomaniaques

Elon, Zuck, Altman. Oui, c'est des connards. Vrais psychopathes du tech. Aucun débat.

Mais en refusant l'IAg, qu'est-ce qu'on fait ? On demande poliment qu'on arrête pas de les utiliser nous. Parce que la plupart des universités, même celles qui signent ce truc, utilisent AWS, Google Cloud, Azure.

S'inquiéter de l'eugénisme d'Elon maintenant ? Il y a dix ans il était déjà un connard eugéniste. Mais l'IAg menace votre métier, alors soudain c'est un problème philosophique.

Le Vrai Truc

Ce manifeste, c'est pas une objection de conscience. C'est une objection de compétence.

C'est : "J'ai pas envie d'apprendre à penser avec cet outil, donc c'est immoral." C'est "Je suis prof de philo depuis 1987 et je veux pas réinventer ma pédagogie, donc la technologie c'est mal."

L'objection de conscience, ça s'appelle aussi "je refuse de participer à quelque chose de fondamentalement mauvais". Sauf que l'IAg, c'est juste une technologie. Pas plus mauvaise qu'une plume à bille. C'est ce qu'on en fait qui compte.

Lucidité Cynique

Vous avez raison sur les mines. Sur l'énergie. Sur l'exploitation. Vous vous trompez juste de cible.

La cible, c'est pas l'IAg. C'est le capitalisme numérique. Le colonialisme technologique. L'université comme machine à reproduire des élites qui consomment sans culpabilité et critiquent ce qu'elles ne comprennent pas.

Refuser l'IAg, c'est refuser un symptôme. C'est moralisateur. C'est pas radical.

Radical, ce serait de dire : "Le système qui nous paie aussi assassine. Donc on va critiquer l'IAg et arrêter de prétendre que nos universités financées par le capital-risque sont des temples de l'humanisme."

Mais ça, ça demande de l'honnêteté. Et de se tirer une balle dans la carrière. Alors non : on signe le manifeste, on met le logo sur sa signature mail, et on rentre chez soi en Tesla.

Le Dernier Acte

Pendant ce temps, les étudiants utilisent ChatGPT pour leurs essais. Pas parce qu'ils sont méchants. Parce que ça marche. Parce que c'est utile.

Et les profs qui refusent l'IAg ? Ils vont corriger des travaux générés par l'IAg en râlant que c'est injuste que l'IAg existe.

C'est Sisyphe. Avec indemnité de licenciement.